Sylvie Pullès
« Ce que j’aime par-dessus tout, c’est faire danser les gens »

Depuis plus de quarante ans, l’accordéoniste aveyronnaise fait danser les gens aux quatre coins de la France et au-delà.
Une carrière riche, marquée par la passion, l’attachement aux racines et la volonté de faire vivre les traditions.
Quels ont été les moments les plus forts de cette aventure ?
Les deux Olympia, bien sûr, en 2010 et 2015. Et comme on dit, « jamais deux sans trois », alors pourquoi pas un troisième un jour ? L’inauguration du viaduc de Millau m’a aussi beaucoup émue. C’était un évènement mondial, haut en couleurs. La chanson que j’avais écrite pour l’occasion, « Si tu vas à Millau », a connu un succès retentissant et a été diffusée sur les radios et télévisions de près de 150 pays. Vingt ans plus tard, nous venons d’en enregistrer une nouvelle version, avec des arrangements plus modernes et des sonorités différentes. En 2024, j’ai publié un livre, Le destin d’une reine en sabots, qui raconte tous les moments forts de ces quarante ans de carrière.
Pourquoi avoir choisi l’accordéon ?
C’est une histoire de famille. Mon père jouait de l’accordéon et nous en écoutions à longueur de journée à la maison. J’ai pris mon premier cours à 7 ans, fait mon premier bal à 12 ans, et monté mon premier orchestre à 16 ans. Depuis, je ne m’en suis jamais séparée ; c’est devenu mon métier presque malgré moi.
Vos racines occupent une place importante dans votre univers musical.
Je suis née d’un père cantalou et d’une mère aveyronnaise, et cette identité est au cœur de ma musique. Le folklore local, la bourrée... Je suis tombée dedans toute petite. Ce que j’aime par-dessus tout, c’est faire danser les gens et perpétuer les traditions. Je le fais avec l’accordéon, mais aussi avec l’occitan, que j’ai étudié et que je pratique au quotidien.
Quel morceau vous représente le mieux ?
« La bourrée de Pierrefort ». C’est l’un de mes premiers morceaux, mais il est aujourd’hui repris par de nombreux musiciens. Il est entré dans l’inconscient collectif. C’est un tube, et je continue de le jouer très souvent.
Comment voyez-vous l’avenir de l’accordéon ?
L’accordéon, c’est l’instrument populaire français par excellence. Il a encore de beaux jours devant lui, et pour preuve, beaucoup de jeunes s’y mettent, et des artistes comme Claudio Capéo lui donnent une nouvelle visibilité. Il existe des accordéons très différents, avec lesquels on peut tout jouer : du folklorique, du classique, du jazz, de la variété... Je m’inquiète davantage pour les bals populaires, qui s’essoufflent un peu. Mais je suis convaincue que, comme toutes les modes, ils reviendront.
Quels sont vos projets ?
Il y en a beaucoup, même si j’apprécie de poser de temps en temps mes valises, après une carrière aussi riche et tant de kilomètres parcourus. Je travaille sur le deuxième chapitre de mon film, « Sylvie Pullès : sur les routes du Cantal et de l’Aveyron », qui sortira l’année prochaine.
Propos recueillis par Charlotte Izzo – Photos : Studio Fegari
Youtube : Sylvie Pullès

















