La Déryves

Les incontournables de la scène aveyronnaise depuis près de vingt ans

Loisirs
10.07.2026
La Déryves

Ici, tout le monde les connaît : les deux Yves de La Déryves font partie des grands classiques de la scène musicale et festive aveyronnaise. Jeudi 16 juillet aux Haras, ce sont eux qui ouvriront F’Estivada.

Vous avez presque 20 ans de carrière… Pouvez-vous revenir sur les temps forts de votre histoire ?

Quand nous avons joué en duo pour la première fois, en 2007, nous avions le projet de faire une saison ensemble… Ça a vite pris une autre ampleur ! (rires) C’est le public qui a trouvé notre nom, en réclamant une dernière chanson à la fin de chaque concert : « La der’, Yves ! La der’ Yves ! ». Nous faisions beaucoup de reprises, mais avons aussi rapidement réalisé un premier album de compositions festives en autoproduction. C’était en 2011, et nous avons remis ça dès l’année suivante !

Nous nous sommes alors entourés de deux autres musiciens. Notre premier concert à quatre est un sacré souvenir : la première partie de Gaëtan Roussel à l’Amphithéâtre. Après la sortie de notre troisième album en 2015, il y a eu un tournant, notamment grâce aux premières parties de Thomas Dutronc qui nous ont beaucoup fait grandir.

En 2019, nous avons signé notre quatrième album, beaucoup plus pop-rock, avec Universal Polydor. Nous avons eu la chance de tourner en radio et en télé nationales, et avions de très belles perspectives de programmation… Mais le covid a freiné les choses. Depuis, nous n’avons rien lâché et continuons de tourner dans toute la France, de composer de nouvelles chansons… Et nous sommes en négociation avec des maisons de disque pour sortir très bientôt notre cinquième album !

La Déryves existe sous deux formules : à deux, et à quatre. Sont-elles les deux facettes d’un même projet musical ?

Ce sont à la fois deux choses bien différentes, avec d’un côté notre duo de reprises festives, et de l’autre, notre quatuor de compositions pop-rock, formé la plupart du temps avec Denis Lafabrègue et Matthieu Vernhes. À un moment, nous nous étions posé la question de trouver un autre nom pour ce projet, mais finalement, que l’on soit deux ou quatre : c’est toujours Yves et Yves, La Déryves.

Comment composez-vous ?

Il n’y a pas de méthode. Souvent, l’inspiration part d’une trame mélodique ; parfois, le texte arrive en premier. Nous écrivons la musique ensemble, mais c’est Yves B. qui imagine les textes. Ils portent des messages positifs et poétiques, entre légèreté et sujets plus graves ; ils sont dans l’air du temps et souvent métaphoriques.

Vous jouez de plus en plus loin de l’Aveyron. Le public est-il différent ailleurs ?

C’est vrai que nous passons chaque année plus de temps sur la route, avec presque 80 000 kilomètres parcourus par an ! C’est un plaisir, mais on doit admettre que nous sommes toujours aussi bien ici, et que le public aveyronnais est particulièrement… festif ! L’ancrage local est très important pour nous. On pense par exemple au titre que nous avons écrit pour le RAF, et qui est diffusé au stade Paul-Lignon. La légende dit que nous avons déjà modifié des horaires de concert pour suivre un match de Rodez… Mais on ne vous dira pas si c’est vrai ! (rires)

Cette année, vous ouvrez F’Estivada avec votre quatuor. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

C’est une très belle vitrine pour nous, d’autant plus qu’en Aveyron, le public nous connaît davantage dans le registre de notre duo festif qu’avec notre répertoire de compositions pop-rock à quatre. Faire découvrir nos morceaux à cette occasion sera particulièrement émouvant et vibrant. Chaque année, F’Estivada joue le jeu de la carte locale, et nous saluons cette initiative. De notre côté, nous poursuivons notre bonhomme de chemin, en croyant à ce que nous faisons, et en passant des messages. Car la musique est faite pour ça.

Vous allez franchir cette année le cap des 1 800 dates de concert. Comment faites-vous pour ne pas vous lasser ?

On fait de la scène, on travaille. Et surtout, on se remet toujours en question, on se renouvelle. Rien n’est jamais acquis. Nous nous appuyons aussi sur le troisième homme de La Déryves : Sylvain Bonnevin, notre régisseur, technicien et couteau suisse.

Qu’aimeriez-vous que le public retienne de vous ?

La sincérité, le positif, la bonne humeur, la bienveillance.

Propos recueillis par Charlotte Izzo.

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