On a testé pour vous : les coulisses du Marché des Pays de l’Aveyron

Vendredi matin, avant même l'arrivée des premiers visiteurs, les bénévoles sont déjà à pied d'œuvre. Pendant trois jours, j'ai vécu de l'intérieur le Marché des Pays de l'Aveyron, l'un des plus grands rendez-vous organisés par la Fédération des Aveyronnais d'Ici et d'Ailleurs. Entre aligot, interviews, folklore, démontage et nuits parfois un peu courtes, immersion dans les coulisses d'un week-end pas comme les autres. Cette année encore, j'ai vécu le marché de l'intérieur. Alors, suivez-moi derrière les stands.
Jour 1 : les bénévoles entrent en scène
Pour nous, le marché commence bien avant l’ouverture. Quelques jours avant le lancement, chacun reçoit son affectation. Comme avant un grand match, tout le monde découvre son poste. Certains retrouvent leurs habitudes, d'autres changent de mission. Le poste le plus convoité reste le stand aligot. Mais le marché ne se résume pas à l'aligot. Communication, nettoyage, logistique, restauration : chacun a un rôle à jouer. Ici, pas de vedettes. Le marché fonctionne grâce au collectif.
Habitants de l'Oustal, nous participons tous à l'aventure. C'est la règle du jeu, mais aussi ce qui fait l'esprit de l’événement.
Cette première journée est marquée par la distribution du Zine, le magazine réalisé par la FAIA avec l'agence aveyronnaise Com en Aubrac. Au Point Info, les visiteurs viennent récupérer leur exemplaire, découvrir le programme ou demander un renseignement.À peine les portes ouvertes, les premières questions fusent déjà. Où trouver l'aligot ? À quelle heure joue la Bourrée ? Cette année, des panneaux plus grands et plus visibles facilitent l'orientation du public dans les allées.
Impossible d'évoquer le Point Info sans saluer le travail de Camille, cheffe du pôle communication de la Fédération. Pendant trois jours, elle a tenu ce véritable quartier général avec une énergie impressionnante, coordonnant l'accueil du public et les équipes sans jamais perdre le sourire. Le vendredi est aussi celui des retrouvailles. Les copains du pays arrivent à Paris, les anciens se recroisent et les générations se mélangent. Les discussions démarrent autour d'un stand et se poursuivent parfois bien après la fermeture. Les bandas donnent le ton. Le week-end est lancé.
Jour 2 : l'heure des rencontres
Samedi matin, place à l’inauguration.Les bénévoles accueillent les personnalités politiques, partenaires et représentants institutionnels venus parcourir les allées du marché. Au milieu de cette effervescence, la présidente de la Fédération, Marilise Miquel, enchaîne les rencontres et accompagne les délégations. De mon côté, la journée est rythmée par les interviews réalisées pour les réseaux sociaux de la FAIA. Producteurs, bénévoles et visiteurs se prêtent volontiers au jeu.Cette édition accueille aussi quelques nouveautés. Parmi elles, la chocolaterie de Gaëlle Fizes, à Galgan, attire l'attention de nombreux visiteurs.
Tout au long de la journée, les groupes folkloriques se succèdent. Costumes, musiques et danses rappellent que le marché est aussi une formidable vitrine de la culture aveyronnaise.Puis vient l'heure de l'After Marché organisé par les Rabalaires. Comme l'an dernier, le rendez-vous fait le plein dans une ambiance festive et conviviale.Cette année, j'y étais bénévole avec mon binôme de toujours, Enzo. Après sa journée passée au stand aligot, nous nous retrouvions le soir pour faire vivre cette autre facette du marché. Une belle façon de prolonger l'esprit de l'événement.
Jour 3 : les derniers aligots
Dimanche matin, les réveils sont parfois un peu plus compliqués. Certains ont profité de l'After de la veille. Mais le marché continue de tourner. Les derniers visiteurs arrivent et les dernières portions d'aligot sont servies. La journée débute par la traditionnelle messe avant de laisser place aux dernières animations.Parmi les temps forts, le retour de la Bourrée de Paris attire l'attention. Le groupe revient tout juste d'une tournée en Chine, où il s'est produit près de Pékin et sur la Grande Muraille. Une expérience remarquable qui témoigne du rayonnement de la culture aveyronnaise bien au-delà de nos frontières. Les autres groupes folkloriques ont eux aussi animé le marché durant tout le week-end, contribuant à cette ambiance si particulière.
Au fil des heures, les stocks diminuent. Les derniers produits trouvent preneur. Puis vient le moment du démontage. Les stands se vident progressivement et le matériel reprend la route.Je regarde une dernière fois les allées presque désertes. Les producteurs repartent vers l'Aveyron, les bénévoles rangent les derniers cartons et le marché s'éteint doucement jusqu'à l'année prochaine.Comme chaque année, la fatigue est là. Mais elle est largement compensée par le sentiment d'avoir participé à quelque chose qui dépasse le simple cadre d'un événement. Parce qu'au fond, le Marché des Pays de l'Aveyron n'est pas seulement une vitrine économique. C'est avant tout une aventure humaine.
Cette année, le marché a une nouvelle fois confirmé son succès. La fréquentation a dépassé celle de l'édition précédente et établi un nouveau record. Une belle récompense pour les producteurs, les exposants, les groupes folkloriques, les partenaires et les bénévoles qui font vivre ce rendez-vous depuis des mois. Mais après trois jours passés dans ses coulisses, ce ne sont pas les records que je retiendrai. Je me souviendrai surtout des visages. Ceux des bénévoles qui ne comptent pas leurs heures, des producteurs qui font rayonner leur territoire, des amis retrouvés au détour d'une allée et de tous ceux qui font vivre l'esprit aveyronnais à Paris. Car la force de ce marché ne se mesure pas uniquement en visiteurs ou en portions d'aligot servies. Elle se trouve dans ces moments de partage qui, le temps d'un week-end, donnent à la capitale un véritable air d’Aveyron.
Texte : Thibault JULIEN - Photos : Lois Laporte















