POINT IMMO
Jacques Pasturel, un acteur de la construction de Bourran

oute l’histoire du quartier s’est construite par la promotion immobilière. Pour nous raconter cette aventure, nous avons rencontré Jacques Pasturel, à la tête de Point Immo et promoteur depuis trois décennies.
Vous avez commencé votre carrière en 1992. À quoi ressemblait Bourran à cette époque-là ?
Le viaduc avait été construit, mais le quartier n’existait pas : c’était la campagne. Marc Censi défendait l’idée de transférer l’hôpital sur la colline et d’urbaniser tout un quartier autour, ce qui permettait à Rodez de se développer au-delà de la limite de son piton. Quand les premiers appels à promotion immobilière ont été lancés, nous n’étions que quelques jeunes candidats ; au début, peu de monde croyait en ce quartier. Bourran a été le théâtre de rêves. Je me rappelle d’une curiosité : le projet de cinq tours porté par un confrère, dont l’une était dotée d’un restaurant panoramique. Il a fallu de la témérité pour construire ici. En 1993, avec mon associé C. Albagnac, nous avons finalement bâti la toute première résidence privée de Bourran, rue de Rome : « Choralis ». Notre aventure commune de promoteurs a duré vingt ans, jusqu’à la résidence « Vinci ».
Bien d’autres projets ont en effet suivi
Tout à fait ! Il y a eu ensuite la résidence « Acropolis » à partir de 1996, dont je conserve précieusement la maquette faite à la main, et qui a été agrandie en plusieurs étapes entre 1998 et 2000 pour atteindre 166 logements, dont les premiers logements étudiants. Au tournant des années 2000, nous avons construit la résidence « Jean Monnet » sur l’avenue éponyme, ainsi que « Le Millénaire ». Ont suivi les résidences « Le Sud » entre 2003 et 2005, et « Médicis » à l’entrée de l’hôpital en 2007. En 2009-2010, au sortir de la crise financière, la relance de la promotion immobilière s’est manifestée avec le projet iconique du bâtiment « Le Vinci » à l’entrée du viaduc. Pour la première fois dans le quartier, une partie des 90 logements était à caractère social. Nous avons ensuite élevé « Le Belvédère », avenue Boscarin-Monsservin, en 2017 ; la « Villa Hestia », dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui, entre 2018 et 2019 ; puis la résidence « Victoria », rue de Londres, en 2021-2022.
Il n’est pas exagéré de dire que vous êtes l’un des grands bâtisseurs de Bourran.
En trente ans, Bourran a vu naître environ 2000 logements : j’en ai construit environ 700, soit le tiers ! Ça me rend légitime comme historien du quartier (rires). Et cela représente aussi 20 % de ma carrière de promoteur. Aujourd’hui, dans ce bâtiment, je suis au cœur de ce que j’ai construit. C’est très symbolique : l’essence même d’un promoteur, c’est de construire à partir de rien, de parier sur des quartiers qui n’existent pas, et d’y croire pour tout le monde. On sait maintenant que le choix de Bourran était le bon.
À quel moment le choix d’acheter à Bourran pour y vivre est devenu une évidence ?
Quand nous avons construit le bâtiment emblématique qu’est Acropolis : jusque-là, tous les achats relevaient de l’investissement locatif. Je me rappelle des premières personnes à avoir acheté pour vivre dans le quartier : c’était un couple de retraités qui venaient du vallon. À Acropolis, nous avons d’abord installé les premiers commerces de Bourran : un restaurant, la presse, la pharmacie, la banque… Le brassage commercial et de services était lancé, déterminant l’évolution du quartier : les gens ont commencé à acheter pour vivre à Bourran.
Comment voyez-vous l’avenir du marché immobilier dans le quartier ?
Il est désormais serein et bien établi. Plus la population vieillit, plus elle aspire à habiter en ville, dans un quartier tranquille et confortable, avec des commerces et des immeubles modernes dotés d’ascenseurs. Or, Bourran répond à tous ces critères, tout est plat et accessible à pied, c’est un gage de pérennité. En fait, je crois que Bourran est le symbole du Rodez moderne. Désormais, il reste deux voies d’expansion : vers Calcomier, ou bien du côté de la RAGT où nous avons un projet. Car face à la demande, Bourran mérite d’être encore étendu.

















